Le parc national de Wutpaki dans l'Arizona aux USA
ETATS-UNIS

Le nord de l’Arizona en camping-car

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Nous quittons Las Vegas pour revenir à la nature. Les parcs nationaux qui nous attendent dans le nord de l’Arizona nous promettent encore de belles randonnées et de beaux bivouacs pour passer la nuit en camping-car.

Revenir au journal de bord de notre road trip pour voir la globalité du circuit parcouru sur 11 mois ou lire les articles pratiques.

Grand canyon N.P.

Depuis le Saguaro NP, notre voyage prend des airs de pèlerinage puisque nous retournons dans nos traces de pas laissées ici il y a un peu plus de 17 ans.

A chaque fois que l’on entre dans un nouveau parc national, vous pensez donc que l’on sait à quoi s’attendre. Eh bien non, force est de constater que notre mémoire ne vaut pas grand chose. Nous sommes toujours surpris par la diversité des paysages et par la majesté des sites. De ce voyage de 2001, il ne restait finalement que quelques impressions, quelques sensations, mais vraiment très peu de souvenirs des lieux visités. On croyait pourtant s’en rappeler.

Le Grand Canyon n’échappe pas à cette règle. Le site est grandiose, le canyon irradie de ses mille couleurs, le Colorado qui le creuse nous renvoie ses eaux tantôt turquoises, tantôt plus boueuses. De nos points de vue, les falaises tombent à pic et me donnent le vertige. Au point de vue nommé The Abyss, si on fait tomber nos lunettes, il faudra les récupérer 911 m plus bas. Le canyon atteint par endroits 1829 m de profondeur et jusqu’à 29 Km de largeur. Les méandres du Colorado se faufilent ainsi entre des roches magnifiquement découpées sur près de 445 Km. Ces quelques chiffres donnent une idée de la dimension du lieu.

Alors, pour mieux se rappeler des paysages cette fois-ci, nous prenons notre temps, ce que nous n’avions pu faire il y a 17 ans sur un voyage de 3 semaines. Nous essayons de graver ces images dans notre esprit et nous respirons profondément l’air frais d’altitude (nous sommes à plus de 2000 m et il fait 20°C de moins qu’à la Vallée de la mort).

Nous sommes toutefois restés en haut du canyon, impossible pour moi d’emprunter les chemins qui descendent jusqu’au Colorado sans crise de panique due au vertige. Alors, pour que la visite soit un bon moment pour tous, nous sommes restés ensemble à marcher sur environ 17Km le long du Rim trail qui borde le sommet du canyon.

La faune locale, elle, n’a pas le vertige. Wapitis et daims sont venus égayer une fin de longue journée de marche pour les enfants. Des corbeaux, aux dimensions nord-américaines, font des numéros de haute voltige et se partagent le ciel avec de plus petits spécimens.

Nous avons passé 3 jours face à cet écran géant haute définition. Les parents ne s’en sont pas lassés ; les enfants, eux, vous diront que 17 Km de marche pour voir toujours la même chose, c’est quand même un peu trop. A vous de juger sur les quelques photos qui suivent …

Wupatki NM

Aujourd’hui sur notre route, le Wupatki NM, qui nous permet d’observer les vestiges de villages – appelés ici pueblos – de “native Americans”.

Les indiens Sinaguas se sont installés ici à partir du XIIème siècle.

Les Sinaguas pratiquaient l’élevage et cultivaient ces terres arides du nord de l’Arizona rendues plus fertiles par les éruptions volcaniques successives et les dépôts de cendres du Sunset Crater Volcano tout près.

Le volcan s’est mis en sommeil au XIIIème siècle mais les terres situées dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres sont encore noircies de ses cendres centenaires. Demain, nous nous approcherons un peu plus de son cratère.

Sunset Crater : balade sur la lave…

Après votre cours d’histoire amérindienne, ouvrez vos cahiers de SVT pour un cours de géologie aujourd’hui.

Le Sunset Crater nous amène ce jour à parler des caprices de la nature qui peuvent parfois anéantir l’homme mais en même temps lui donner des terres fertiles pour l’avenir. Ce volcan s’est réveillé au milieu du 11° siècle et a recouvert de cendres une grande partie de la région, repoussant les indiens vivant sur ces lieux à plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres. Il a aussi déversé de larges rivières de laves que l’on voit encore de nos jours. Ces flots de magma ont créé un paysage dantesque qui nous permet d’imaginer l’ampleur de la catastrophe. La nature a repris peu à peu ses droits et recouvre en partie cet univers minéral original.

Quelques familles indiennes reviendront s’installer une centaines d’années plus tard à l’ombre de ce capricieux voisin qui reste calme depuis près de 900 ans.

Prochaine étape:le Red Rock County de Sedona…

Sedona et le Red Rock County

Afin d’éviter nos premières gelées de l’Ouest américain, nous descendons du plateau de Flagstaff par le Oak Creek Canyon pour rejoindre Sedona quelques 800 mètres d’altitude plus bas. Les températures y sont en effet plus clémentes mais le vent s’est levé depuis quelques jours et rend toute visite un tant soit peu inconfortable.

La vallée de Sedona est heureusement absolument splendide. Moi qui l’avais zappée dans notre parcours prévisionnel, ne regrette pas aujourd’hui ce contre temps météorologique. Nous en profitons pour faire quelques courtes balades dans les environs pour nous en mettre plein la vue.

Chaque formation rocheuse étonne par ses formes et ses couleurs et si ce n’était ce maudit vent qui nous recouvre de poussière rouge, la région serait un spot parfait pour prendre un peu notre temps. Nous sommes d’ailleurs un peu obligés de le prendre puisque l’on doit faire changer les plaquettes de freins du camping-car, ce qui n’est pas si simple dans ce pays où les mécaniciens ne travaillent qu’avec leurs ordinateurs et n’ont aucune idée des pièces qu’il nous faut.

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On verra bien lundi dans un garage avec lequel nous avons rendez-vous. En attendant, nous parcourons de fond en comble le territoire proche qui est heureusement assez agréable.

Walnut Canyon : sur les pas des Sinaguas

Nous profitons de notre dimanche pour faire un tour dans le Walnut Canyon à quelques kilomètres de notre bivouac.

Il a été peuplé par les indiens Sinaguas à partir du XII° siècle et cela pendant un peu plus d’une centaine d’années. Le nom de cette tribu a été donné par les espagnols du fait de la sécheresse de la région (« sin agua » signifie sans eau pour les non hispanophones dont je fais partie).

Le canyon forme un méandre à cet endroit et nous dégringolons (sans Carine, qui préfère prendre de la hauteur et nous surveiller d’en haut, la vue étant un peu trop plongeante à son goût) par un escalier de quelques 273 marches dans ce dernier pour faire le tour des parois rocheuses abritant les anciennes constructions indiennes. La visite est intéressante et le lieu vraiment joli. Il ne fait pas trop froid aujourd’hui et le vent s’est un peu calmé ce qui rend la balade bien agréable. Demain, rendez-vous au garage : on croise les doigts…

La fée Méduse à Petrified Forest

Il était une fois une immense forêt primaire. Les arbres y étaient si grands qu’ils touchaient le ciel. A 10° de latitude nord, le climat était chaud et très humide. Les averses tropicales permettaient la croissance d’une jungle luxuriante à la végétation abondante sur les rives d’un large delta fluvial. Son feuillage vert émeraude, dense et épais, abritait de nombreux insectes. Une multitude de poissons frétillait dans les eaux circulant au pied des troncs imposants et majestueux. Cette forêt vit naître, à l’ombre de sa canopée, les premiers dinosaures puis les premiers mammifères. Elle s’élevait ici sur cette terre nommée Pangée à l’ère du Trias, il y a 250 millions d’années.

Un jour, une méchante sorcière, jalouse de sa grande beauté, déclencha un lent et irrémédiable cataclysme pour la réduire à néant. La Pangée commença alors sa lente séparation, les terres où était enracinée la somptueuse forêt dérivèrent vers le nord. Le climat devint plus froid, les pluies se firent plus rares. Peu à peu les fiers bois perdirent de leur superbe et sombrèrent. Leurs racines les abandonnèrent, ils tombèrent de tout leur long dans le fleuve et furent ensevelis de sédiments alors que l’imperceptible mouvement de la Pangée déplaçait le cours du fleuve avant qu’il ne fut complètement asséché. Enfin des éruptions volcaniques sonnèrent le glas et vinrent recouvrir de leurs cendres les dernières traces de ces arbres monumentaux.

Mais les fées Méduse et Erosion, ennemies de la méchante sorcière depuis toujours, surent le terrible forfait qu’était en train d’accomplir leur puissante rivale. Sans se montrer, la fée Méduse jeta un sort au dépôt sédimentaire qui allait enterrer la forêt primaire en le gorgeant d’une matière minérale, la silice. Ainsi dans leur tombe, les bois morts reçurent les infiltrations de silice qui insensiblement remplacèrent la matière organique. Le bois se transforma alors en pierre en quelques décennies. La silice vint remplacer chaque atome de bois en respectant la forme originale, la grosseur, les marques, les stries, les noeuds, les cicatrices, les écorces de cette forêt devenue souterraine. En la pétrifiant, Méduse l’avait protégée de sa complète disparition.

Des millions d’années passèrent, la silice cristallisa sous plusieurs formes minérales en fonction des variations de températures et de pressions, ce qui lui donna de multiples couleurs. La fée Erosion poursuivit le travail engagé par sa partenaire Méduse pour redonner toute sa noblesse à la forêt. La Pangée connut de nombreux changements climatiques, fut balayée par la pluie et le vent et cette partie où la forêt avait grandi dériva jusqu’au 35ème parallèle. Le ruissellement donna naissance aux Badlands, formations rocheuses grises ou colorées où la végétation n’a aucune prise.

Erosion réduisit en poussière les couches sédimentaires et fit souffler le vent. Le linceul de la forêt s’envola ; les squelettes des dinosaures se livrèrent et le bois pétrifié put ainsi retrouver toute sa splendeur et scintiller du cristal de silice, ocre, rouge, jaune, blanc, bleu, gris et violet. La forêt primaire du Trias fut ainsi sauvée et arriva jusqu’à nos jours pour nos yeux éblouis.

Sinon, côté galères, on continue à enchaîner. La fée Erosion a du penser qu’il fallait balayer un peu plus la terre pour découvrir d’autres merveilles. Avis de forts vents annoncé, tempête de poussière sur la route et portière avant conducteur endommagée sous l’effet d’un fort coup de vent. Heureusement, on peut continuer d’ouvrir et fermer, la pièce avec le ressort qui retient la porte a cassé lors d’une forte rafale alors qu’on sortait du véhicule. Il valait mieux tenir les chapeaux !

Là, Nico fait une réparation de fortune, une de plus, aucune pièce ne pouvant être trouvée sur le continent américain. Il en a pour une partie de l’après midi et j’ai donc eu tout mon temps pour vous écrire cet interminable article. Faites de beaux rêves.

Premiers pas en terres Navajo

Il y a deux jours, une tempête de sable, hier, un coup de grisaille bien frisquet et légèrement humide, aujourd’hui, un grand beau temps et des températures à passer son après midi dehors au soleil. C’est bien mieux pour le moral et pour profiter de la visite du Canyon de Chelly.

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Ce dernier a la particularité d’avoir été habité sans discontinuité les 5000 dernières années. On y trouve d’ailleurs des ruines disséminées un peu partout le long des deux canyons du parc. Nous pourrons en observer quelques unes depuis les différents points de vue qu’offre le parcours.

Nous n’apprendrons pas grand chose de plus sur la vie des différentes tribus ayant vécu sur ce site, le dépliant du visitor center étant plutôt succinct (comme toujours en matière d’histoire amérindienne) et les multiples arrêts aux points d’observation n’ayant aucun panneau d’information. Cela dit, le paysage vaut le détour à lui tout seul. Les canyons ressemblent à des milles feuilles minéraux taillés au grès des humeurs de Mère Nature. Des méandres se succèdent, des parois vertigineuses apparaissent, des pitons rocheux résistent par miracle à l’érosion. Les merveilles du Grand Ouest américain se succèdent mais on ne s’en lasse pas (enfin, surtout pour les parents, car les enfants délaissent souvent certains points de vue).

Retour vers Vegas par le chemin des écoliers

A cause de notre problème de plaquettes de frein, il nous faut revenir sur Las Vegas pour récupérer ces dernières. Nous adaptons donc notre périple et visitons moult parcs sur ce court trajet.

Navajo National Monument

Nous commençons par le Navajo National Monument. Une belle après-midi de courtes balades à observer le canyon de Betatakin et son ancien village pueblo datant encore du XIII° siècle. Une agréable étape et une nuit dans un calme parfait (et gratuit en plus).

Page, le lac Powell et Horseshoe Bend

Nous filons ensuite vers Page pour jeter un oeil sur le Lac Powell et sur les méandres du Colorado en aval du barrage.

Petit détour par l’Utah : le parc national de Zion

Enfin, nous ne passons qu’une brève demi-journée dans le parc de Zion, déjà plein comme un oeuf alors que nous sommes en pleine semaine et pas encore en haute saison.

Impossible d’y dormir, les places de camping étant réservées depuis des lustres, même s’y garer pour la journée a tenu du miracle. Heureusement, une navette nous a amenés aux différents points intéressants du parc où nous avons pu faire quelques jolies promenades. A la différence des autres parcs visités jusque là, nous longeons la Virgin River qui a formé le canyon de Zion et observons les hauteurs de ce dernier depuis le fond de la vallée. Les falaises sont impressionnantes et la présence subtile de l’eau tout au long du parcours change radicalement notre regard sur ce nouveau parc.

Pour la suite, merci à Fedex qui a envoyé nos pièces de rechange dans le Mississipi et non à Las Vegas. Nous voilà donc bloqués jusqu’au début de la semaine prochaine dans le sud de l’Utah en attendant la livraison des plaquettes, la région de Las Vegas étant actuellement plongée dans une mini canicule. On attend donc au frais dans les montagnes, on reste zen et on patiente…

Valley of Fire State park

Dans l’attente de nos plaquettes de frein que FedEx a envoyé de l’autre côté des Etats-Unis, nous écumons tous les petits recoins ruraux à proximité de Las Vegas. Cela nous amène dans le State park de la Valley of Fire, qui porte plutôt bien son nom : 36°C en avril, la même chaleur que lorsqu’on ouvre la porte du four disent les locaux en juillet, nous sommes heureux d’avoir à attendre notre colis en cette saison plutôt que dans 2 mois. Comme quoi, il y a un aspect positif en toute chose.

Cet espace protégé minuscule, comparé aux parcs nationaux dont nous avons l’habitude d’arpenter les chemins, offre un aperçu de nombreuses merveilles naturelles. On peut ainsi y voir des arches, admirer des rochers en équilibre instable, se ressourcer à l’ombre de slot canyons et se régaler de l’extraordinaire palette de couleurs de cet univers minéral. A 36°C ici, c’est le printemps, il y a donc un grand nombre d’arbustes en fleurs…

Nous y rencontrons de jeunes Français qui ont loué des Harley pour faire le tour des parcs de l’Ouest américain en une semaine ! Rythme intense au programme…

Entre leur type de voyage marqué par la nécessité d’en voir un maximum en un minimum de temps (ce qui, il faut bien le dire, a été notre façon aussi de voyager jusqu’à notre “grand départ”), et notre périple dont la philosophie est plutôt de prendre le maximum de temps, peu importe ce que l’on voit, on se demande bien aujourd’hui à quoi ressembleront nos futures vacances, et parfois aussi notre future vie tout court…

Nous avons terminé d’écumer l’Arizona et partons pour découvrir les merveilles de l’Utah !

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