Le Sud Est des USA
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Le Sud-Est des USA

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En laissant Washington derrière nous, nous entrons dans les Appalaches. Nous mettrons près de 3 semaines pour rallier la Floride à travers ces états du Sud-Est des États-Unis, peu prisés par les touristes étrangers. Nous y faisons néanmoins de belles découvertes.

Revenir au journal de bord de notre road trip pour voir la globalité du circuit parcouru sur 11 mois ou lire les articles pratiques.

Sur la Skyline Drive – Shenandoah N.P.

En ce jour d’Halloween, après avoir rencontré notre lot de citrouilles sur le bord des routes, nous partons nous cacher dans les forêts de Shenandoah pour éviter toute rencontre malheureuse avec des monstres assoiffés de sang ou de sucreries.

La surprise est venue de l’apparition de jolies biches et de quelques jeunes cerfs, même en plein cœur du camping. Mais toujours pas d’ours noir en vue, tant-pis ou tant-mieux…

La neige tombée la veille a rendu féeriques les paysages de nos premières balades. La route panoramique de 105 miles donne des points de vue majestueux sur la chaîne des Appalaches et les forêts qui la couvrent. Les quelques sentiers empruntés nous mènent à des points de vue ou à des cascades.

Le parc national de Shenandoah a été une étape reposante après l’effervescence des villes du Nord-Est et nos difficultés à trouver des bivouacs calmes. En effet, depuis quelques jours, seuls les parkings de supermarchés nous ont accueilli puisqu’ils sont ouverts 24h/24, mais on ne peut pas dire que l’on y dorme bien. On verra pour la suite du périple.

En route vers le Sud

Après cette belle étape de Shenandoah, nous filons le long des Appalaches pour rallier un autre parc national, celui des Great Smoky Mountains.

Entre temps, nous passons deux journées au cœur des forêts de cette belle région rurale, où nos bivouacs sont splendides et reposants. De bien belles étapes.

Par un samedi maussade, nous approchons donc de Great Smoky Mountains. Pour info, il s’agit du parc le plus visité des Etats-Unis avec près de 10 millions de visiteurs par an alors qu’outre-Atlantique, quasiment personne n’en a entendu parlé. Ce succès tient en partie de sa proximité avec de nombreuses grandes villes de l’Est américain, en ces grandes capacités d’accueil toute l’année durant, tant pour les campeurs que pour les « motorisés » et, aussi sûrement, par sa gratuité.

L'envers du décor des States

Au final, y arriver un samedi soir, alors que le temps y est quasi estival, n’est peut-être pas la meilleure des idées. Et, hélas, ce fût le cas. Dès la sortie de la highway, les 40 kilomètres qui nous séparent de l’entrée du parc se transforment en parcours du combattant dans un univers parallèle. En effet, profitant de ce nombre incroyable de visiteurs, la petite ville de Pigeon Forge s’est transformée en un « Las Vegas » du pauvre. Parcs d’attractions en tous genres, musées sur tout et n’importe quoi, salle de spectacles à gogo, chaînes de restaurant à foison, une longue litanie de motels du plus classe au plus crasse, bref, tout pour nous plaire.

Trois quart d’heure d’embouteillages plus tard, nous voilà sortis de ce capharnaüm commercial et apparaît maintenant la crainte de ne pas trouver de place pour la soirée au cœur du parc.

camping au coeur des Great Smoky Mountain

Heureusement, il reste deux sites sur les 200 emplacements du camping. Ouf, on s’y installe fissa. Malgré un voisin du genre pénible avec son générateur en route jusqu’à 10 PM, nous passons finalement une bonne nuit et sommes fin prêts pour nous attaquer à la route panoramique du parc avant que des hordes d’américains ne s’y rendent.

Le début de route est féerique avec son cortège d’arbres aux chaudes couleurs d’automne.

Mais, plus la pente s’accentue, mieux nous comprenons l’origine du nom du parc. En effet, vers les 1200 mètres d’altitude, le ciel se couvre de gros nuages qui s’accrochent durablement au relief.

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Au point culminant, à Clingsman Dome, nous sommes dans une véritable purée de pois cassés, on n’ y voit plus rien à dix mètres. Pour le panorama jusqu’à l’océan, on repassera. Le Visitor Center nous annonçant ces mêmes conditions météorologiques pour la journée voire pire, nous amorçons notre descente dans la brume. Les possibilités de randonnées étant faibles et ces dernières déjà bien engorgées par les promeneurs du dimanche, nous quittons à regret les Appalaches qui nous auront quand même réservé de bien beaux paysages.

Le célèbre brouillard des Great Smoky Mountain

Hélas, comme souvent quand le bivouac se cherche dans un endroit imprévu et puisque le réseau téléphonique nous joue des tours et nous empêche toute recherche sur GoogleMap, nous finissons sur un parking d’un ancien supermarché désaffecté en bord de route. Au final, une nuit bien pourrie, avec des jeunes désœuvrés pour nous tenir éveillés jusqu’à minuit, et une circulation plutôt soutenue et proche pas vraiment apaisante. Cela arrive de temps à autre, c’est comme ça.

Donc le lendemain matin, nous repartons à la recherche de réseaux et, sur un parking de zone commerciale, nous utilisons un Wifi gratuit (la 3G étant toujours en carafe) pour trouver un havre plus reposant pour la nuit. Nous préférons donc choisir un State Park en Caroline du Sud qui semble prometteur et pas trop cher.

Et, on peut dire que pour une fois, on n’est pas loin de l’endroit paradisiaque. Un emplacement au pied d’un lac, un temps idyllique, une nature sauvage à nos pieds avec hérons, poissons sauteurs, écureuils et aigles pêcheurs pour voisins.

Le pied quoi…. On peut même sortir les fauteuils, manger dehors le soir, petit -déjeuner au grand air et faire les cours en pleine nature. Je pense que l’on va s’en prendre pour une deuxième nuit.

Camping dans le parc d’état de Dreher Island

Dans le sud profond

Depuis quelques jours, nous traversons la Caroline du Sud. Cet état est un des premiers à avoir fait sécession lors de la guerre civile américaine. Nous sommes donc maintenant dans le Deep South, celui des conservateurs, des planteurs de coton et des vrais américains pur jus comme dans Shérif, fais moi peur. Attention les références !

Pourtant, pour nous, il est plus facile de trouver des bivouacs, l’accueil y est sympathique et les paysages changent enfin. Même si le temps n’est pas encore au beau fixe, on sent que l’on change de climat et que l’on se rapproche du soleil. Finis les érables, bonjour les pins. On se croirait presque à la maison.

Nous sommes aujourd’hui passés par le Congaree National Park, une étonnante forêt les pieds dans l’eau. Un drôle d’univers aquatique que nous avons parcouru pendant près de 4 kilomètres sur un sentier en bois. Une jolie balade qui fêtait le retour du soleil et aérait les esprits après quelques journées maussades passées dans le camping-car entre courses, laveries et obligations scolaires. Espérons que ça dure !

Charleston et 10000 Km au compteur

Aujourd’hui le compteur du camping-car a passé la barre symbolique des 10000 Km dans le nouveau monde. En 2 mois et demi, la moyenne est de 120 Km par jour, à peine un peu plus que ce que l’on escomptait au départ (100 Km par jour). Nos prévisions par rapport à notre itinéraire semblent respectées aussi, tout va donc pour le mieux.

Dans le sud du pays, les visites nous plongent dans le passé colonial et esclavagiste de la région. Les villes, tout comme la campagne, sont marquées par leur histoire. On peut voir dans les villes de nombreuses maisons coloniales des XVIIIème et XIXème siècles comme à Charleston.

La nonchalance sudiste des planteurs de coton ou de riz se retrouve encore dans les rues de la ville de Beaufort.

Le monde rural est quant à lui découpé en de grandes parcelles agricoles que l’on nomme encore ici “plantations” alors que partout dans le nord des Etats-Unis, les agriculteurs tiennent des “farms” ou des “ranchs”.

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Et je ne crois pas que ce soit une simple question de sémantique, la société paraît ici encore bien scindée : d’un côté les riches WASP qui passent du bon temps sur le front de mer, de l’autre les femmes noires qui tressent des paniers à partir de matières naturelles (les sweetgrass baskets) et qui les vendent au bord des routes.

La plantation de Charles Pinckney, signataire de la constitution des Etats-Unis et planteur de coton, maître d’esclaves.  Se visite gratuitement avec le Pass America the Beautiful.

Revanche de l’histoire, ces paniers, très jolis et de belle qualité, sont vendus hors de prix (130 $ pour une corbeille de 10 cm de diamètre environ !) et doivent bien assurer des revenus substantiels à celles qui les confectionnent. Malgré cette réussite commerciale locale, les afro-américaines restent ici, à priori, pour une grande majorité, cantonnées aux quartiers les plus défavorisés.

Savannah, la belle endormie géorgienne

C’est par un magnifique coucher de soleil sur les marais du sud de Savannah que je vous livre ces quelques mots sur notre étape du jour.

Nous continuons notre descente vers le sud en faisant une dernière étape avant la Floride, dans la jolie cité de Savannah. Cette ville a une longue histoire à l’échelle des Etats-Unis et son centre ville a su conserver son charme ancien. On y déambule au milieu d’anciennes places plantées de sycomores centenaires recouverts de mousse espagnole.

On y aperçoit de belles demeures antebellum aux styles tous différents, signe de la prospérité de la ville au début du XVIII° siècle.

Nous en finissons donc avec les villes du Sud, à nous la Floride, ses plages de sable blanc, ses cocotiers et ses retraités américains.

See you soon.

Cliquez ici si vous souhaitez revenir au journal de bord du voyage qui présente notre parenthèse nomade en Amérique du Nord dans sa globalité.

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