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L’Irlande en camping-car : 9 infos essentielles par une habitante de l’île

article invité
Pour cet article sur le voyage en Irlande en camping-car, nous avons fait appel à une spécialiste de l’île verte. Les informations et conseils qui suivent ont été rédigés et illustrés par Aurélie, française établie en Irlande depuis plus de 20 ans. En grande passionnée du pays, elle diffuse la culture et le patrimoine irlandais à travers son blog Raconte-moi l’Irlande et organise de captivantes visites guidées à Dublin. On laisse la plume à Aurélie, c’est parti !

Quand on envisage de partir en Irlande en camping-car, on a tout de suite des images de cartes postales qui nous viennent en tête : moutons sur les routes, paysages verts et sauvages, routes panoramiques le long des côtes de l’Océan Atlantique, lacs, Connemara, le tout avec Michel Sardou en fond sonore.

Si l’idée séduit de plus en plus de monde ces dernières années, j’ai souhaité apporter mon regard d’habitante de longue date (20 ans !), qui parcourt encore beaucoup et très régulièrement les routes de mon pays d’adoption, afin de vous aider dans la préparation de votre road trip en véhicule de loisirs.

1 – Les aires de camping-car en Irlande : une denrée rare

Les aires publiques de stationnement et de repos dédiées aux camping-cars, avec aménagements pour vidanger ou faire le plein d’eau, comme on en trouve désormais facilement sur la plupart des territoires du continent européen, restent encore aujourd’hui très rares sur cette île.

L’Irlande est un pays encore très rural, avec de petites communautés où les familles se connaissent bien et interagissent entre elles, à tous les niveaux. Dans ces communautés, le tourisme est souvent la source principale de revenu, directe ou indirecte, pour nombre d’entre eux.

Du fait de l’histoire de l’île, la propriété privée et son accès ont une place prépondérante dans l’organisation du pays. Les intérêts particuliers des propriétaires de terrains d’accueil privés peuvent donc être l’une des explications qui contribuent jusqu’ici à freiner le développement des aires publiques d’accueil dédiées aux véhicules de loisirs.

Cependant, la plupart de ces aires privées sont ouvertes uniquement sur la saison touristique, entre avril et septembre, alors que la fréquentation de ceux qui parcourent l’île verte en véhicule aménagé se fait de plus en plus tout au long de l’année.

Cette problématique de l’accès à des zones d’accueil et de services pour véhicules de loisirs tout au long de l’année est à prendre en considération si vous envisagez suivre un circuit en Irlande en dehors de la saison touristique.

Quelques applications vous seront utiles en Irlande pour trouver des aires de stationnement pour la nuit :

  • Park4night
  • Caramaps
  • Ioverlander

Attention toutefois aux spots sauvages qui sont mentionnés sur ces applis. Vérifiez que vous avez bien le droit d’y stationner en arrivant, tous les terrains sont privés sur l’île, voir la section suivante sur le camping sauvage.

Moutons sur les routes irlandaises
© Aurélie, de Raconte-moi l’Irlande

2 – Camping sauvage en Irlande

Quand on pense road-trip ou voyage itinérant sur l’île d’émeraude, on pense tout de suite à ces paysages sauvages qui pourraient nous accueillir pour la nuit et nous offrir une expérience de camping sauvage façon Robinson Crusoé, seul au monde, au plus proche de l’océan et entouré de moutons.

Ça, c’est le rêve.

Mais, officiellement, il est interdit pour les camping-cars de faire du camping sauvage en Irlande.

L’explication principale à ceci, et c’est un détail d’importance, c’est que le moindre bout de terre sur cette île appartient à un propriétaire privé. Même sur un sentier de randonnée fléché, même en bord de mer, même au milieu des tourbières, peu importe où vous mettez les pieds, vous serez sur un terrain privé.

Je vous entends déjà me dire « j’ai des amis qui sont allés en Irlande et ils ont toujours réussi à faire du camping sauvage ! ».

Alors, si la loi l’interdit, la réalité est plus subtile que ça. Au pays du trèfle, la loi ne détermine pas toujours de façon exacte les mœurs et on s’appuie parfois davantage sur le bon sens des gens que sur les textes.

De manière générale, l’idée est de ne déranger personne, de se placer très loin des habitations pour ne pas être visible et surtout de ne pas gêner un accès à une terre agricole. Les seuls endroits qui cochent à coup sûr ces cases sont les abords directs de plages.

Sinon, vous trouverez probablement des parkings, en bord de mer souvent également, pour laisser votre véhicule pour une nuit, à condition qu’aucun panneau ne vous informe d’une contrindication à ce sujet. Les inscriptions sur ces panneaux peuvent variées d’un endroit à un autre, mais en général vous pourrez y lire l’inscription « no overnight parking ».

Concrètement, et je le témoigne le plus souvent l’été, certains spots sont connus pour accueillir les campeurs sauvages, le plus souvent des caravanistes. C’est une pratique en réalité répandue en Irlande comme en Grande-Bretagne. Ce n’est pas vraiment du camping sauvage comme on pourrait l’imaginer en France par exemple, mais plutôt des terrains vagues dans de jolis sites sauvages et reculés en bord de mer, où l’on sait de manière tacite, par bouche à oreilles, ou parce qu’on connaît le propriétaire, que le camping sauvage y est toléré, à condition de rester très discret (et propre bien évidemment) et de ne pas déranger les voisins qui partageront le lieu avec vous.

Camping en Irlande
© Aurélie, de Raconte-moi l’Irlande

3 – Les terrains de campings en Irlande

Les terrains de campings en Irlande sont très loin des standards de la plupart des pays continentaux en Europe. Ne vous attendez donc pas à avoir de superbes aménagements pour les toilettes ou pour faire la vaisselle, ou des douches modernes, de belles allées, encore moins à des soirées camping ou des piscines ou encore à des espaces séparés par de jolies haies pour avoir votre intimité.

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Sur cette île à la météo capricieuse, les terrains de camping ressemblent le plus souvent à de grands terrains vagues et seuls les campings 4 étoiles ou plus offrent l’accès à l’électricité sur tous leurs emplacements. Il faut dire que notre climat ne favorise pas une culture du camping comme dans d’autres pays, ce qui explique sans doute aussi ce décalage. ?

De plus, on passe rarement plus de deux nuits en camping sur cette île, la plupart sont d’ailleurs majoritairement occupés de camping-caristes ou de véhicules aménagés. On vient pour boire des bières autour d’un barbecue en plein air, prendre le vert, le temps d’un week-end. Ce n’est donc pas du tout le même public que les campings français ou espagnols qui accueillent majoritairement des familles sur des semaines entières.

4 – Visiter l’Irlande en camping-car : gestion des poubelles et déchets domestiques

Les poubelles et déchets domestiques sont un sujet récurrent de ceux qui font l’expérience d’un circuit en Irlande. Sujet en partie lié aux précédents points, les camping-caristes souhaitant voyager à moindre coût et éviter les terrains de camping se retrouvent souvent à devoir chercher pendant longtemps des poubelles pouvant accueillir leurs déchets domestiques.

En effet, ce petit pays de 5 millions d’habitants ne dispose pas aussi systématiquement que la France par exemple de bacs à ordures publics et les poubelles de rues dans les villes ou villages sont faites de manière à avoir de petites ouvertures, pour éviter justement que les gens y jettent leurs ordures ménagères.

Je ne vais pas entrer dans le système du traitement des déchets ménagers ici, mais sachez en tout cas que si vous y réalisez un itinéraire avec votre véhicule, il vous faudra penser à organiser la gestion de vos déchets pour vous en débarrasser. Hors de question bien entendu de faire du dépôt sauvage !

Le meilleur moyen est probablement donc de vous en débarrasser au fur et à mesure de votre consommation, de faire de petits sacs (après chaque repas, par exemple) que vous pourrez donc glisser dans les poubelles de rues au fil de vos déplacements.

5 – Conduite à gauche et routes irlandaises

Si vous lisez cet article, c’est que vous êtes francophones, et donc probablement que votre véhicule est équipé d’un volant à gauche, pour une conduite du côté droit de la route.

En Irlande, on roule à gauche ! Il faudra donc vous habituer à rouler « du mauvais côté », avec un volant à gauche tout en étant du côté gauche de la route. Pas idéal pour la visibilité, et plus que jamais, le co-pilote aura une place importante dans le bon déroulement de votre itinéraire sur cette île vallonée de nord-ouest de l’Europe.

En effet, le co-pilote vous permettra d’épargner vos rétroviseurs, d’éviter de trop rayer vos ailes avec les haies qui débordent (il n’y a que rarement de bas-côtés ou de fossés), de doubler, ou encore de vous rappeler de vous redresser côté gauche de la route quand vous tournez à un carrefour.

Un autre détail d’importance pour les camping-cars : l’état des routes irlandaises. Si nous sommes dotés d’un bon réseau de voies rapides, quand on envisage un road-trip sur l’île d’émeraude, c’est le plus souvent pour s’enfoncer dans ses campagnes et le long de ses côtes, sur ses péninsules, avec ses moutons sur les routes.

Si je dois vous donner un conseil concernant les routes locales, à vous qui préparez cet itinéraire irlandais en fourgon, van, profilé ou autre véhicule aménagé, c’est d’éviter de vous aventurer sur les routes dont l’identification commencent par un « L ». L comme « local ».

Ce sont nos plus petites routes, celles sur lesquelles, même en voiture, on ne se croise pas, celles où l’herbe poussent au milieu de la route, celles faites de nids de poules qui feront taper votre châssis, celles sur laquelle vous n’avez vraiment pas envie de vous aventurer avec un bel intégral flambant neuf, sauf si vous êtes joueurs ! ?

La signalétique n’est pas toujours fiable en Irlande, c’est connu, donc même si aucun panneau vous en interdit l’accès, de manière générale, si vous n’êtes pas familiers des routes irlandaises, il est préférable de les éviter.

L’Irlande étant un petit pays majoritairement rural, avec les routes qui vont avec, il est important de garder en tête que l’afflux de véhicules récréatifs pendant la saison touristique dans les zones très touristiques a des conséquences non négligeables sur la circulation, notamment dans les villages et leurs alentours qui n’ont pas été aménagés pour accueillir en nombre de larges véhicules.

Pour en savoir plus sur le réseau routier de l’ile verte, référez-vous à cet article du blog d’Aurélie : « sillonner les routes d’Irlande ».

6 – Stationner pour une halte durant la journée

En Irlande, la plupart des espaces de stationnement sont gratuits. Je parle ici de petits parkings aménagés le long de la route le temps d’une simple pause photo, comme de plus grands parkings à l’entrée de villages par exemple, dans les montagnes avec vue panoramique ou en abords de plages renommées.

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Les villages et sites touristiques comme Dingle par exemple proposent des parkings payants acceptant tout type de véhicules et avec des prix totalement normaux et raisonnables.

Il y a cependant un parking payant malheureusement célèbre pour son prix exorbitant, celui du visitor centre des falaises de Moher, un incontournable des circuits sur la côte ouest irlandaise. En 2023, il coûtait 12 euros par passager de véhicule. De petits parkings privés sur des terres appartenant aux fermiers locaux se sont développés dans les kilomètres précédant le site, à moindre coût mais ils ne sont pas toujours très accessibles pour les véhicules de grand gabarit.

En dehors de ce site, vous trouverez sur toute l’île de nombreux parkings gratuits pour profiter des charmants paysages irlandais. Si l’accès aux véhicules de loisirs est restreint sur ces zones, une barrière limitant la hauteur des véhicules ou un panneau informatif le mentionnera à l’entrée.

Stationnement en Irlande avec un camping-car
© Aurélie, de Raconte-moi l’Irlande

7 – Les outils d’aide à la navigation pour un road trip en camping-car en Irlande

En Irlande, le GPS ou outil d’aide à la navigation le plus populaire reste Google Maps qui à ce jour est tout à fait adapté et mis à jour, indiquant aussi les ralentissements en temps réel. L’utilisation de Waze est marginale en Irlande, même si cet outil fonctionne également.

Attention : ces applis ne prennent pas en compte le gabarit de votre véhicule (hauteur, largeur, longueur, poids). Méfiez-vous des itinéraires proposés !

Sur cette île, une bonne carte routière papier sera toujours utile pour prendre le relais d’un outil satellite qui vous aura emmené à l’entrée d’une ferme plutôt qu’à votre destination finale (je parle en connaissance de cause).

De plus, un GPS reste un robot qui, en Irlande peut-être plus qu’ailleurs, n’est pas très fiable lorsqu’il vous indique l’itinéraire le plus court. Car, s’il est plus court en distance, il ne le sera pas forcément en temps, et pour l’expérimenter encore bien souvent moi-même dans mon pays d’adoption, les outils d’aide à la navigation par satellite ne prennent pas en compte l’état des routes par lesquelles ces satellites vous font passer. Il sera donc judicieux de prendre en compte le trajet global avant de le suivre et la dénomination des routes à emprunter. Et pour ça, je vous renvoie au point précédent. ?

8 – Voyager en Irlande dans son véhicule aménagé : sécurité générale du territoire

La sécurité d’un pays est un facteur d’importance quand on se penche sur une destination pour un prochain road trip avec son camping-car. Selon le dernier rapport du Global Peace Index qui classe les pays du monde selon leur degré de pacifisme, l’Irlande se trouve en troisième place des pays d’Europe, derrière l’Islande et le Danemark. Cela fait donc de l’Irlande une destination où on se sent aussi en sécurité pour voyager avec son véhicule.

Avec une population d’à peine 7 millions d’habitants sur toute l’île et une moyenne de 70 habitants au km², la ruralité du territoire et son caractère insulaire contribuent certainement à l’impression de sécurité dans ce petit pays européen.

De manière générale, les voyageurs en Irlande s’y sentent bien, les rapports simples et la bienveillance générale des locaux ayant certainement une grande place dans ce ressenti. Pour y vivre depuis longtemps, je me sens toujours beaucoup plus en sécurité sur ma terre d’adoption que lorsque que je me promène dans n’importe quelle ville de France, mais ceci n’est que mon ressenti. ?

Voyager en Irlande en camper van devrait donc aussi vous permettre de profiter pleinement d’une expérience dans un environnement où vous vous sentirez en sécurité.

Camping en Irlande
© Aurélie, de Raconte-moi l’Irlande

9 – La meilleure saison pour voyager en camping-car en Irlande

« Quelle est la meilleure saison pour voyager en Irlande ? »

C’est une question qu’on me pose souvent et à laquelle je réponds souvent par « ça dépend ».

Ça dépend de plein de choses et surtout de vos critères.

Alors, bien sûr, quand on évoque la meilleure saison pour parcourir l’Irlande, on parle bien évidemment de météo. Mais quand on explore cette île en véhicule de loisirs, la meilleure saison, c’est probablement la moins froide ou la moins humide, ou les deux. Surtout si on prend en compte le manque d’aires d’accueil ouvertes à l’année au pays de la Guinness.

Par déduction, et de manière tout à fait logique sur ce critère purement météorologique, je préconise la saison touristique, d’avril à septembre en son cœur, qu’on peut étendre sur mars et octobre.

Dans tous les cas, gardez en tête que la météo est incertaine, inconstante, changeante, dans une même journée, toute l’année. Les températures au plus fort de l’été en journée sont autour de 18-20 degrés, en septembre on entre en général déjà dans une météo automnale avec les températures qui vont avec et en avril et mai, de manière générale, ça reste encore frais pour des standards continentaux.

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